Le jeune amoureux Porourare déposait tous les jours une nouvelle fleur sous le balcon de sa bien aimée, dont il ne parvenait jamais à se souvenir du nom. Elle même fort bigle, ne le voyait pas dans la pénombre, lorsqu'il déposait son offrande, et c'est en vain que, le lendemain, elle cherchait à le reconnaître parmi les jeunes hommes qu'elle croisait ou qui faisait partie de son entourage familial. Mais un soir qu'il fit plus de bruit que d'habitude, elle eut l'impression nette de l'entendre chantonner tout bas une petite mélodie incertaine, entrecoupée de soupirs. Emue, elle garda cette musique longtemps dans sa mémoire avant de s'endormir, et le lendemain n'eut de cesse de la rechercher partout où elle pouvait la trouver. Mais las, pendant plusieurs jours elle disparut, quoique les fleurs, fidèles, l'attendaient au pied de la fenêtre. La mélodie revint, plus forte, et les fleurs apparurent sur le balcon lui-même. Enfin, plus forte encore, la musique, comme soufflée à l'oreille, accompagna une fleur déposée devant sa porte. Enfin, Un soir, alors qu'elle allait d'endormir, elle entendit à nouveau distinctement la musique, mais réalisa, avec horreur, qu'elle ne l'entendait qu'à l'intérieur d'elle même. Elle mourut, empoisonnée par des éléments végétaux toxiques qu'elle avait inexplicablement ingérés pendant la nuit.

Top